Philippe Laulanie, 63 ans, est ingénieur diplômé d’un MBA de l’EM Lyon et de l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale. Il a principalement exercé au sein de BNP Paribas, où il a commencé en 1989 en tant que responsable Marketing. Rapidement, il évolue vers diverses fonctions en France et à l’international, couvrant des domaines tels que l’Inspection générale et le Contrôle de gestion, lui permettant d’acquérir une expertise approfondie des métiers bancaires. En 1997, il est chargé de la mise en œuvre d’un nouveau modèle de distribution pour la banque de détail, via une plateforme multicanale déployée dans plus de quinze pays. Dès 2014, il assure la présidence de RMW (Retail Mobile Wallet), filiale de BNP Paribas. Son expérience dans le secteur bancaire, tant en France qu’à l’étranger, ainsi que ses compétences en marketing stratégique, en relation client, en digital et en technologies de l’information, font de lui un atout majeur pour CB. Réélu trois fois à l’unanimité à la tête de CB, Philippe Laulanie fédère depuis dix ans maintenant tout l’écosystème du paiement par carte et mobile afin de mieux répondre aux besoins et aux attentes du marché et notamment des banques, des commerçants et de leurs clients.
Au cœur d’un contexte économique et géopolitique instable, où la maîtrise des données et la sécurité des transactions sont devenues des enjeux de souveraineté, CB s’impose comme un pilier stratégique du paiement en France. Depuis 10 ans à la tête de CB, Philippe Laulanie porte une vision claire : assurer la souveraineté, la sécurité et la performance du réseau français de paiement par carte et mobile tout en innovant et préparant l’avenir. Rencontre avec un dirigeant qui fait de CB une arme économique et technologique au service de la nation.
CB, pilier souveraindu paiement français
Dans un monde où les infrastructures critiques sont au cœur des tensions internationales, le paiement est devenu un enjeu stratégique. Derrière chaque transaction par carte se joue bien plus qu’un simple échange d’argent : il s’agit de la confiance, de la sécurité et, de plus en plus, de la souveraineté. C’est dans ce contexte que Philippe Laulanie, Directeur Général de CB, défend une ambition claire : faire du réseau CB le socle souverain du paiement français.
Créé en 1984 sous l’impulsion des banques et de l’État avec Pierre Bérégovoy alors ministre de l’Économie et des Finances, CB est opéré par un Groupement d’Intérêt économique (GIE) à but non lucratif. Sa mission est de faire fonctionner un réseau au service de l’intérêt général. « CB joue un rôle vital, comparable à l’énergie ou aux télécommunications. Cette infrastructure garantit la continuité des paiements dans tout le pays, quelles que soient les circonstances », souligne Philippe Laulanie.
Avec 77 millions de cartes en circulation, près de 700 milliards d’euros de volume d’affaires et plus de 14 milliards de transactions annuelles, CB est aujourd’hui le système de paiement leader en France. Mais c’est aussi un modèle unique en Europe : un réseau entièrement opéré en France, avec ses propres standards technologiques et une gouvernance collective réunissant toutes les grandes banques du pays.

En 2024, CB a fêté ses 40 ans et a revêtu le Palais Brongniart des couleurs tricolores de son logo lors de la cérémonie d’anniversaire placée sous le haut patronage du Président de la République. Le livre témoin de cet anniversaire a été récompensé par le prix Argent de la Communication Editoriale Stratégies.
Un modèle économique au service de l’intérêt général
L’un des atouts majeurs de CB réside dans son modèle : fondé sur un écosystème unique rassemblant banques, commerces, industries et pouvoirs publics, le réseau CB vise à opérer et sécuriser à moindre coût les paiements par carte et mobile français. Ce positionnement confère à CB une indépendance rare face aux géants internationaux. « Notre logique n’est pas celle du profit mais celle de la performance collective, rappelle Philippe Laulanie. Nous sommes un réseau mutualisé : tout euro réinvesti sert à améliorer la sécurité, la performance ou l’innovation du système. »
Cette structure a permis à CB d’établir un équilibre exemplaire entre sécurité, coût et inclusion. En France, deux tiers des dépenses de consommation quotidienne passent par un paiement par carte ou mobile CB, soit plus de 20 % des paiements par carte ou mobile en Europe !
Dans un paysage où la dépendance aux grands acteurs internationaux s’accroît, CB incarne une exception : une solution de paiement indépendante, inclusive et souveraine. Philippe Laulanie résume sa mission : « CB avec les espèces représente le cercle de survie des paiements français. Ainsi avec les cartes, les paiements mobiles et les espèces, nous assurons plus de 98 % des paiements de détail dans le pays. »
Sécurité et cybersouveraineté : CB, moins fraudé que les réseaux internationaux
La sécurité est l’autre pilier de la stratégie CB. L’entreprise investit massivement dans la cybersécurité et l’intelligence artificielle, avec une infrastructure 100 % opérée en France et conforme aux plus hauts standards européens.
Chaque année, la plateforme CB gère plus de 1,5 milliard d’authentifications, analysant en temps réel une centaine de variables en à peine 80 millisecondes. Cette vigilance a des résultats tangibles : le taux de fraude du réseau CB est deux à trois fois inférieur à celui des réseaux internationaux. « Nous avons une responsabilité vis-à-vis des Français, leurs paiements doivent rester sûrs, leurs données protégées, leurs transactions maîtrisées. Tout chez nous est traité en France, sous supervision française », insiste Philippe Laulanie.
CB travaille également avec les autorités nationales sur des scénarios critiques liés aux cybermenaces et anticipe les défis de demain, comme l’IA et l’informatique quantique. L’entreprise révise déjà ses standards de cryptographie pour rester en avance. Dans un environnement de plus en plus vulnérable, CB fait figure de rempart technologique.
Performance et équité : CB, dix fois moins cher pour les commerçants
Au-delà de la sécurité, CB défend une vision économique équilibrée. Son modèle mutualisé permet d’offrir des coûts de transaction dix fois inférieurs en moyenne à ceux des grands réseaux internationaux.
CB est donc un atout important pour protéger le Produit Intérieur Brut de la France et les revenus des commerçants français. Les commerçants sont très engagés dans la gouvernance de CB notamment à travers le Conseil consultatif du commerce.
Cette performance économique séduit aussi bien les commerçants français que les acteurs internationaux : JP Morgan Chase, Stripe ou Adyen ont ainsi rejoint le réseau CB. « Ces acteurs viennent chercher la sécurité, la conformité et l’efficacité territoriale » explique Philippe Laulanie. CB offre une couverture complète du marché français et une compétitivité qu’aucun autre réseau ne propose. »
L’entreprise se positionne comme un partenaire de la croissance économique nationale, chaque transaction CB représente une contribution directe à la résilience du commerce et à l’indépendance du système bancaire français.

Innovation et résilience : le paiement de demain se prépare aujourd’hui
L’innovation a toujours été au cœur de la stratégie CB. Dès 1974, la carte à puce, invention française, a posé les bases du paiement sécurisé moderne. Aujourd’hui, CB continue d’investir pour rester à la pointe, notamment à travers son plan « CB Dynamique 2026 ».
Ce plan stratégique repose sur trois axes : la modernisation technologique (accélération des paiements mobiles, tokenisation souveraine…), la relance commerciale, la communication autour de l’ancrage « Made in France » en renforcement de la souveraineté. « Nous voulons offrir aux Français et aux commerçants le meilleur des deux mondes : la puissance du réseau national et la compatibilité avec les grandes plateformes internationales, détaille Philippe Laulanie. Le cobadging des cartes est à l’origine du modèle historique de CB et reste un modèle particulièrement vertueux. »
CB soutient également l’inclusion et l’accessibilité sur tout le territoire : retraits d’espèces en magasin, cartes sociales, solutions adaptées aux personnes en situation de handicap. « Notre mission, c’est d’être proche de tous les résidents en France » souligne Philippe Laulanie.
Enfin, la résilience reste au cœur de la démarche : le réseau CB est conçu pour fonctionner même en cas de défaillance internet ou électrique. Les terminaux autonomes permettent durant une panne d’effectuer plusieurs centaines de transactions en mode offline, un avantage considérable pour une continuité d’activité en cas de crise.
CNMP Horizon 2030 – Faire de CB une première ligne de défense des paiements
Le CNMP (Comité National des Moyens de Paiement) de la Banque de France a pour objectif affiché dans sa feuille de route Horizon 2030 de faire de CB une première ligne de défense des paiements en France.
Alors que le monde des paiements se transforme, CB regarde loin devant. Son ambition pour 2030 est d’atteindre 100 millions de cartes en circulation, 20 milliards de transactions et 1 000 milliards d’euros traités chaque année.
Mais au-delà des chiffres, Philippe Laulanie défend une vision de long terme, celle d’un réseau souverain et européen, potentiellement capable de coopérer avec les autres réseaux nationaux pour renforcer l’autonomie financière du continent. La carte resterait au centre du modèle en complémentarité avec les autres modes de paiement, en particulier les espèces et les wallets.
Nous sommes totalement complémentaires avec les projets européens tels que le portefeuille WERO et les projets d’interconnexion EUROPA. CB sécurise les paiements en parallèle d’une Europe qui construit sa future souveraineté digitale.
Cette philosophie de coopération et d’indépendance résume l’ADN de CB : un acteur puissant mais discret, et indispensable garant de la souveraineté, de la sécurité et de la performance économique des paiements français.
CB, un bouclier économique et numérique
À l’horizon 2030, Philippe Laulanie voit CB comme « un réel levier économique et numérique » pour la France. Dans un monde où les dépendances technologiques et les risques géopolitiques s’accroissent, CB prouve qu’un modèle souverain, innovant, territorial et collectif peut encore exister et contribuer à l’efficacité française et européenne.
CB, c’est l’alliance du bon sens, de la technologie et de l’intérêt général. Notre mission : que chaque paiement en France reste un acte sûr, simple, efficace et souverain.




