Fabien Conti est, à 26 ans, l’une des étoiles montantes de l’art contemporain. Diplômé des Beaux-Arts de Paris, ce jeune peintre nous livre des œuvres ancrées dans le réel, sublimées par des paysages imaginaires. Sa démarche artistique, apocalyptique, romantique et réfléchie, est empreinte d’une vision futuriste où l’esthétique se révèle contemplative et méditative. Fabien expose ses œuvres aujourd’hui à travers le monde. Rencontre.

Quel est votre parcours personnel et artistique ?
J’ai grandi à Noisy-le-Sec, entouré d’un père et d’un grand-père ébénistes et d’une mère styliste-modéliste. J’ai très tôt développé une passion pour le travail manuel mais ma passion pour la peinture a commencé lors d’une sortie au musée avec ma grand-mère où j’ai découvert une œuvre de Picasso, Le jeune homme et le cheval. Je ne saurais décrire ce que j’ai ressenti, mais cette émotion singulière a tout déclenché. À partir de ce jour, j’ai commencé à peindre, ou bien j’observais mon grand-père et mon père travailler le bois dans leur atelier qui donnait sur un jardin fleuri. Je pense que cette image poétique, la nature derrière une fenêtre, a été un élément fondateur de ma sensibilité artistique.
Quels souvenirs gardez-vous des Beaux-Arts ?
Ce fut une période intense, durant laquelle j’ai énormément travaillé. Ma persévérance et ma détermination m’ont permis de trouver mon fil conducteur. J’ai eu la chance d’intégrer l’atelier de Jamel Tatah, un artiste et enseignant qui m’a aidé à affirmer mes choix picturaux et m’a orienté avec justesse dans mes décisions pour l’avenir.
Comment s’est déroulée votre première exposition ?
Ce fut un moment très important pour moi. Durant ma troisième année aux Beaux-Arts, j’avais déjà commencé à vendre quelques peintures, puis une art advisor et la galerie Vincent Sator m’ont contacté pour participer à un group show. Tout est alors allé très vite : j’ai dû produire cinq grandes toiles en peu de temps. Travailler sous pression, avec des objectifs clairs, me stimule énormément. L’exposition était un beau projet collectif, et cette expérience a marqué un véritable tournant : toutes les toiles ont été vendues, et d’autres collectionneurs ont commencé à s’intéresser à mon travail. Puis j’ai enchaîné plusieurs expositions personnelles à New York, ainsi que des group shows avec la galerie Mor Charpentier. Mes œuvres ont également été présentées dans des foires internationales telles qu’Art Basel Miami, Hong Kong, Paris et New York.
Quel regard portez-vous sur l’art contemporain ?
L’art contemporain est pour moi une manière différente de percevoir le monde, à travers la vision des artistes et la diversité des supports qu’ils utilisent : peinture, vidéo, installation, performance, etc. Chaque œuvre transmet un message fort, une réflexion sur notre époque ou sur la condition humaine. L’évolution des nouvelles technologies relance sans cesse le milieu de l’art, qui se remet en question face à l’arrivée de l’intelligence artificielle et de la peinture numérique. C’est une nouvelle façon de créer, d’exprimer des émotions et de repenser la relation entre l’artiste, l’œuvre et le spectateur.

Quelles sont vos influences artistiques et littéraires ?
Les mouvements impressionniste, romantique et expressionniste abstrait m’influencent profondément. Je trouve que dans chacun d’eux, il existe une dimension spirituelle qui dépasse la simple pratique matérielle ou le geste pictural. Il y a quelque chose de l’ordre de la sensation, de la méditation, que j’essaie de retranscrire. À travers les paysages brumeux, les grands formats et la matière, je retrouve une forme de paix, mais aussi une mélancolie qui me touche particulièrement. Des artistes comme Claude Monet, Mark Rothko, Caspar David Friedrich ou Shiraga ont été pour moi des sources d’inspiration majeures. Dans Herbes et Catastrophes, je cherche à traduire ce mélange entre douceur, apaisement et tension qu’on retrouve dans la nature. Après un volcan, un incendie ou une tempête, un moment de reconstruction, une forme de renaissance prennent place. C’est de cela dont parle mon travail.
Lors d’un voyage au Japon, j’ai été profondément bouleversé par la beauté des paysages. Tout correspondait à l’image que je me faisais intérieurement : le calme, des paysages brumeux et humides, des ciels très étouffés. La série Herbes est directement inspirée de ce voyage.
Au fond, ces deux œuvres parlent du même équilibre : celui entre la paix et le chaos, entre la contemplation et le mouvement. Peindre est pour moi une manière de trouver un peu de calme dans le désordre du monde.
Quels sont vos projets ?
Je continue à développer ma peinture et je commence la sculpture sur bois et sur béton. En décembre, j’ai un solo show à New York avec l’architecte Laura Gonzalez. En janvier 2026, un groupe show au Moco puis un solo show à Chicago.
Instagram : fabienconti_






