Messagère de la paix des Nations Unies depuis 2002, Jane Goodall nous a quittés, laissant derrière elle un héritage immense pour les générations futures.
Sa passion, son ingéniosité, son humanisme ont fait du Dr Jane Goodall une figure unique et singulière de la pensée scientifique et philosophique de ce siècle. Éthologue de renom, activiste de l’environnement, militante œuvrant pour la paix, experte en comportement animal, cette pionnière s’est éteinte à l’âge de 91 ans. À l’heure où la faune et la flore ne cessent de décliner du fait d’activités humaines croissantes, la rédaction souhaite rendre un hommage appuyé à cette femme exceptionnelle qui a œuvré sa vie durant pour défendre de nobles causes.

Nous lui devons un devoir de mémoire, une infinie gratitude et un immense respect.
La vie et l’œuvre du Dr Goodall ont marqué de manière indélébile notre compréhension des chimpanzés et d’autres espèces, et à travers elle celle de l’humanité. Sa vie durant, Jane Goodall a mis sa notoriété au service d’innombrables causes, dont la défense des droits de l’homme, le bien-être animal, la bioécologie, la protection des espèces et de l’environnement.
Sa découverte révolutionnaire, en 1957, sur l’utilisation d’outils par des animaux « non humains », considérée comme le moment qui a « redéfini l’humanité », bouleverse le monde scientifique et repense la notion même d’hominidés. S’ensuivront des recherches sur les chimpanzés sauvages, notamment l’existence de liens mère-enfant puissants, la consommation de viande, la chasse, la guerre primitive, l’altruisme, la compassion… Constatant la dégradation de l’environnement et les risques pour les chimpanzés, Jane Goodall décide de leur consacrer son œuvre. En 1977, soutenant des initiatives de conservation centrées sur les communautés locales dans toute l’aire de répartition des chimpanzés en Afrique, elle fonde le Jane Goodall Institute (JGI).

Le Jane Goodall Institute, une vision devenue mission
Le Jane Goodall Institute est une organisation qui travaille en étroite collaboration avec les communautés locales du monde entier. En 1991, Jane Goodall crée « Roots & Shoots », un programme mondial pour les jeunes de 75 pays, les incitant à devenir des citoyens et des leaders concernés et responsables. Lanceuse d’alerte, elle parcourt le monde trois cents jours par an, multipliant les conférences. Dans ses livres et ses discours, elle souligne l’interdépendance de tous les êtres vivants et le pouvoir collectif de l’action individuelle. Le Jane Goodall Institute France, présidé par Pierre Quintard et dirigé par Galitt Kenan, porte cet héritage.
Messagère de la paix des Nations unies, Dame Commandeur de l’Empire britannique, Jane Goodall a reçu en 2025 la Médaille présidentielle de la liberté des États-Unis pour sa contribution à la science et son engagement sans faille en faveur de notre planète. Lors de sa dernière visite en France en octobre 2024, elle livre un mémorable « Speech for History » à l’Unesco.
www.janegoodall.fr
L’histoire d’une vie
Née le 3 avril 1934 à Londres, Jane Goodall se rend à Gombe Stream dès l’âge de 26 ans, sur la rive tanzanienne du lac Tanganyika. En 1957, elle entreprend une étude historique sur les chimpanzés à l’état sauvage dans le cadre de l’expédition du paléontologue Louis Leakey. Sans diplôme ni expérience scientifique, autodidacte, portée par son seul talent et sa passion, Jane Goodall a pour mission de les approcher, de nouer un contact avec eux. S’immergeant dans leur habitat en voisine plutôt qu’en observatrice, elle va « au contact » des primates, apprend leur langage, leur gestuelle, observe, écoute, ressent. Elle partage leur quotidien en silence, avec respect, les observant des heures et des jours durant.








