Prince de Galles : Un hôtel de légende

Idéalement situé au cœur du Triangle d’or depuis 1929, le Prince de Galles, a Luxury Collection Hotel, fait fi des frontières et des tendances en incarnant le luxe intemporel. Philippe Clarinval, son directeur général, nous propose une visite guidée lumineuse dans les coulisses de cet écrin.

Vous avez pris la direction générale du Prince de Galles en septembre 2025. Un premier retour sur cette nouvelle aventure ?
Le Prince de Galles est une maison qui ne se laisse pas diriger, mais accompagner, nuance. Elle possède une forme d’intelligence silencieuse. Elle sait très vite si vous êtes là pour vous exprimer… ou pour la servir. Mon arrivée a surtout consisté en un travail d’observation. Comprendre où la maison est parfaitement alignée – et où elle ne l’est plus. Avec le temps, le risque de perdre la cohérence initiale augmente, on en arrive à oublier les fondamentaux. Il faut donc sans cesse se poser et se reposer la même question : ce que nous faisons a-t-il du sens ?
Dans l’hôtellerie de luxe, les dysfonctionnements ne sont jamais abstraits : ils se traduisent immédiatement par de la fatigue humaine, de la friction opérationnelle ou une expérience client moins fluide. Mon rôle n’est donc pas d’imposer une vision artificielle, mais de réconcilier la raison d’être de la maison avec son fonctionnement quotidien. Quand cette cohérence est retrouvée, tout devient plus simple. Et paradoxalement, plus exigeant.

Vous vous distinguez par une brillante carrière internationale dans l’hôtellerie de luxe. Comment vos différents postes ont-ils forgé l’homme et le professionnel que vous êtes devenu aujourd’hui ?
Une carrière internationale vous apprend surtout que si le luxe n’est pas universel, le sens, lui, l’est. Les cultures diffèrent, les attentes varient, mais partout dans le monde, les équipes donnent le meilleur d’elles-mêmes lorsqu’elles comprennent pourquoi leur travail compte. J’apprends tous les jours, notamment en observant comment les systèmes organisationnels, humains et culturels interagissent. Un hôtel n’échoue jamais par manque de talent. Il échoue par manque d’alignement.

Dirige-t-on un établissement comme le Prince de Galles – qui bénéficie d’une certaine aura charismatique – comme un hôtel de luxe à la personnalité moins affirmée ?
Non, et c’est tant mieux. Le Prince de Galles représente un peu la royauté britannique : ce n’est pas le roi, mais ce n’est certainement pas n’importe qui non plus. Il a une lignée. Une posture. Une retenue naturelle. On ne peut pas faire n’importe quoi sous prétexte d’être « moderne ». Mais on peut – et on doit – affirmer une singularité juste. La liberté ici ne vient pas de la rupture, mais de la cohérence avec la raison d’être de la maison.

Votre carrière d’enseignant est-elle une valeur ajoutée dans la façon d’aborder vos missions de manager ?
Je crois à un management clair, exigeant, mais profondément humain. Les équipes n’ont nul besoin d’un chef inspiré un jour sur deux, elles ont besoin d’un cadre lisible tous les jours. Nos cinq valeurs, l’intégrité, la poursuite de l’excellence, l’ouverture à l’évolution, le courage du changement et l’empreinte positive, ne sont pas affichées juste pour faire joli. Elles définissent le terrain de jeu. À l’intérieur, chacun peut s’exprimer, progresser, parfois se tromper. Mais, en aucun cas tricher.

Que vous insuffle l’enseignement dans vos fonctions managériales ? Pourriez-vous vous en passer ?
L’enseignement est un excellent rappel à l’humilité. Quand on vous pose une question simple à laquelle vous n’avez pas de réponse simple, c’est souvent que votre pensée mérite d’être clarifiée. Pourrais-je m’en passer ? Peut-être, mais je risquerais de devenir un dirigeant qui parle bien… sans toujours dire quelque chose d’essentiel. Les étudiants, comme d’ailleurs les collaborateurs, sentent immédiatement quand un discours est « plaqué ». Expliquer le « pourquoi » crée de l’alignement. Et l’alignement crée de l’engagement. Le reste, ce ne sont que des procédures.

Mettre l’humain au cœur de vos prérogatives représente-t-il pour vous la condition sine qua non qui garantit la réussite de vos projets ?
Ce n’est pas une garantie. C’est une condition. Sans alignement humain, la stratégie reste théorique. Sans cohérence managériale, l’expérience client se fragmente. L’humain n’est pas une couche supplémentaire du projet. Il en est la structure porteuse.

Diriez-vous du luxe qu’il est intemporel ? Comment évolue-t-il ? Quelle est votre vision pour 2026 ?
Le luxe n’est pas figé, et il est exigeant. En 2026, le luxe, c’est la justesse. La retenue. La capacité à ne pas surjouer ce que l’on n’est pas. Le vrai luxe aujourd’hui, c’est l’alignement entre l’intention et l’expérience vécue. Tout le reste est ostentatoire.
Quelle est la typologie de la clientèle fréquentant le Prince de Galles ?
Une clientèle très internationale, cultivée, souvent habituée aux grandes maisons : environ un tiers de Français, deux tiers d’internationaux, principalement des ressortissants nord-américains, moyen-orientaux et asiatiques. Tous reconnaissent immédiatement la cohérence… et tout aussi vite l’incohérence.

Les attentes de vos clients ont-elles évolué ? Quelles sont les clés incontournables en 2026 d’un séjour réussi en termes de tourisme de loisirs ou d’affaires ?
Nos hôtes veulent moins de promesses et davantage de vérité. Moins de démonstration, plus de fluidité. Moins d’artifice, plus de sens. Un séjour réussi aujourd’hui, c’est quand tout semble évident. Ce qui est, paradoxalement, le plus difficile à obtenir.

Le Prince de Galles prévoit-il des attentions spécifiques envers ses jeunes hôtes ?
Oui, mais sans infantiliser l’expérience, car les enfants sont sensibles à la sincérité. Ils perçoivent très bien quand quelque chose est fait avec justesse, sans automatisme. Lorsqu’un enfant arrive à la réception, nous lui souhaitons la bienvenue dans des termes identiques à ceux utilisés pour les adultes. Ils se sentent alors considérés comme des personnes à part entière et apprécient notre démarche. Par ailleurs, si l’anniversaire de l’un de nos jeunes hôtes tombe pendant son séjour chez nous, nous le lui fêtons.

Les chefs opérant dans l’établissement ont des personnalités fortes et atypiques. Lorsque le talent est au rendez-vous, est-ce un atout supplémentaire d’avoir dans ses équipes des professionnels comme Norbert Tarayre et Akira Back ?
Quand le talent est réel, la personnalité devient un accélérateur. Norbert Tarayre et Akira Back apportent une énergie créative, une identité forte et une visibilité internationale. Mon rôle n’est pas de les lisser, mais de créer l’alignement entre leur expression et l’ADN du Prince de Galles. Sans cadre, le talent se disperse. Avec un cadre clair, il rayonne.

Quelle est votre vision de l’hôtellerie de luxe française au regard de la scène internationale ?
La France reste une référence culturelle majeure. Mais une référence n’est crédible que si elle continue d’évoluer. Quand tradition et modernité, passion et discipline sont en harmonie, la France n’a rien à envier à qui que ce soit.

Le Prince de Galles a-t-il des challengers sur la place parisienne  ?
Paris est une ville de grandes maisons. Mais je crois peu à la concurrence mimétique. Chaque hôtel joue sa partition, le Prince de Galles n’a pas vocation à être le roi, uniquement à être pleinement lui-même.
Comment gérez-vous l’image du Prince de Galles à l’heure des réseaux sociaux ?
Les réseaux sociaux sont un miroir amplificateur. Ils révèlent très vite les écarts entre le discours et la réalité. Nous préférons une image juste à une image bruyante. Être sur les réseaux sociaux à tout prix n’a aucune valeur ajoutée. Nous misons sur une présence qualitative plus que quantitative.

 

Qu’en est-il de l’IA sur ce segment nec plus ultra de l’hôtellerie de prestige ?
L’IA devient une partenaire utile, si elle reste à sa place. Il est vrai qu’elle peut libérer du temps, améliorer certains processus et réduire la friction. Cependant, l’émotion, la relation, la présence… restent résolument humaines. Et c’est tant mieux !

L’obtention de la distinction « Palace » pour le Prince de Galles fait-elle partie de vos projets ?
Je parlerais d’une ambition patiente. Une distinction n’est jamais un point de départ, seulement une conséquence. Nous travaillons sur l’alignement. Le reste suivra… ou pas. Mais ce ne sera jamais artificiel.

D’autres projets à venir ?
Continuer à créer de la cohérence avec un service en résonance. Continuer à élever les équipes. Et surtout, laisser encore et toujours une empreinte positive, fidèle à ce que le Prince de Galles est réellement. 

www.marriott.com/fr/hotels/parlc-prince-de-galles-a-luxury-collection-hotel-paris

Propos recueillis par Cécile Olivéro

Le Patio
Élégant havre de paix, classé monument historique par les Bâtiments de France, le Patio est idéal pour se détendre, déjeuner, dîner, déguster un cocktail dans le jardin. L’architecture du Patio orné de mosaïques, restée intacte depuis son inauguration en 1929, est unique. Une oasis de paix au cœur de l’effervescence du VIIIe arrondissement de Paris.
 

 

Suite Lalique par Patrick Hellmann
Unique en son genre, cette suite en duplex de 180 m² est un hommage à l’élégance et au style. Le Prince de Galles s’est associé avec la maison française Lalique pour créer une expérience totalement inédite. Le designer Patrick Hellmann réinterprète avec modernité les lignes Art déco de l’hôtel, symboles du glamour et de l’art de vivre à la française.

 

Une expérience culinaire inspirée, riche et diversifiée

Deux tables, deux chefs, deux ambiances. L’hôtel Prince de Galles met en lumière une cuisine bistronomique affirmée et une gastronomie expérientielle avec Norbert Tarayre et Akira Back.

Restaurant & Bar 19.20 by Norbert Tarayre
À ceux qui pourraient s’étonner de retrouver Norbert Tarayre à la tête du Restaurant & Bar 19.20 du Prince de Galles, l’intéressé répond en trois mots, ceux qui l’ont séduit et lui ont laissé penser que cette nouvelle aventure valait la peine d’être vécue : humain, durabilité et produit. Ses mentors ont pour nom Bernard Loiseau, Marc Veyrat, Roland Mazère et Mauro Colagreco. Avec lui, le 19.20 inscrit sur sa carte, volontairement courte et typiquement française, le standing et le prestige, assortis d’une simplicité décomplexée. Ce chef atypique revisite les incontournables plats de bistrot sans qu’ils perdent leur âme. Et c’est dans un décor rappelant le Paris des Années folles que les convives vivent une expérience culinaire unique.

 

Gastronomie asiatique sous la voûte étoilée du chef Akira Back
Akira Back, chef étoilé coréen, a inauguré sa première adresse européenne, ici, au Prince de Galles, en créant une cuisine japonaise remixée avec le talent qu’on lui connaît. Sa carte propose une vingtaine d’entrées froides et chaudes, les incontournables sushis et rolls et sa désormais célèbre AB Truffle Tuna/Eringi Pizza (du thon cru, Japon oblige, du piquant, pour la touche coréenne et une tortilla de blé, clin d’œil aux États-Unis où il a grandi). Si ses recettes mêlent modernisme et tradition, la décoration du restaurant, tout en délicatesse, fait la part belle au Japon des années 1930.


Douceurs sucrées signées Hélène Kerloéguen
Si elle n’était pas devenue cheffe pâtissière, elle aurait pu être fleuriste ou décoratrice d’intérieur. Autant dire que pour Hélène Kerloéguen, chaque création se doit de séduire le regard avant le palais. Les desserts servis au Prince de Galles portent la signature de cette amoureuse de décorations et dessins floraux et sont également influencés par son enfance angevine et son expérience australienne. Le chariot de desserts faits maison atteste de sa maîtrise des saveurs ; on y retrouve les grands classiques français, tels le baba ou le paris-brest… entre autres douceurs.

Par Cécile Olivéro

 

 

 

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